Le mois de juin a été marqué par un coup de cœur cinématographique, quelques déceptions en termes de littérature mais un mois riche en découvertes.
Ensemble, c’est tout – Anna Gavalda
Est-ce qu’on peut traverser plus facilement les choses difficiles de la vie si on s’entraide ?
J’ai bien aimé ce roman. Il traite des sujets de société : la crise du logement, l’entraide, les maladies mentales. Les différents personnages sont bien décrits et analysés dans leur entièreté. J’ai appris à les connaître, à les aimer puis à voir leur évolution tout au long du roman. Cependant, le rythme est un peu lent et la fin est prévisible depuis la moitié du livre. C’est dommage mais ça reste un bon moment pour se détendre.
J’ai écrit un article entier sur ce roman, pour ceux dont ma courte critique intrigue.
Pour ceux qui cherchent à comprendre le pouvoir de l’empathie et de l’entraide tout en passant un bon moment en lisant : ce roman saura vous séduire.
Comme une envie de voir la mer – Anne Loyer
Doit-on pardonner à ceux qu’on aime, même s’ils nous mentent depuis notre naissance ?
Cette œuvre littéraire m’a bien plu. Elle est très courte : 109 pages et se lit rapidement : l’histoire est prenante.
Elle raconte le secret que Ludivine a découvert juste après l’obtention de son bac. Ce secret va la marquer à tout jamais et elle va partir voir la mer, avec son frère qui vit dans un hôpital.
À ma lecture, j’ai été marquée par le caractère plutôt dur de Ludivine, elle déteste ceux qui lui ont menti, souhaite partir loin de ce mensonge… Le roman raconte comment elle va partir, ce qu’elle va faire durant cette absence, son retour… J’ai été stupéfaite par la fin, je ne l’ai pas aimée sur le coup mais après réflexion, Ludivine est une jeune fille de 16 ans dont l’existence a complètement été chamboulée. Sa réaction est donc tout à fait normale. Mais je pense que mon cœur aurait préféré une autre fin… Je pense que j’ai modifié la fin grâce à mon imagination et cela m’a permis de savourer le roman.
Le film Les enfants vont bien (2025) traite également du sujet de la famille, de ses difficultés et nous pousse à nous poser des questions mais sans toutefois y répondre.
Pour ceux qui sont à la recherche d’un roman sur une crise existentielle, sur le pardon et le mensonge mais qui ne cherchent pas réellement de solutions. Cette lecture permet de se poser des questions autour d’une très bonne lecture.
L’ami retrouvé – Fred Uhlman
Comment une amitié peut résister à la guerre et à l’atrocité humaine ?
Le roman raconte l’histoire de deux jeunes hommes de 16 ans qui vont devenir amis le temps de quelques mois. Mais la Seconde Guerre mondiale va débuter et va devoir les séparer à tout jamais…
L’histoire aurait pu être prenante, mais je n’ai accroché ni aux personnages ni à l’écriture de l’auteur. Le livre est plutôt court : 122 pages mais il m’a semblé durer une éternité. C’est dommage car j’adore lire des œuvres qui mettent en scène la guerre… Je m’attendais à un tout autre roman, je pensais qu’une partie du roman allait raconter leur amitié et la seconde partie, leur retrouvaille comme indiqué sur la quatrième de couverture. Hélas, tout le roman raconte leur amitié et seulement le dernier chapitre raconte « leur retrouvaille ». Néanmoins, il peut vous plaire : je pense que je n’ai pas adhéré au style car j’étais à la recherche de toute autre chose.
Pour ceux qui veulent comprendre comment une amitié, aussi courte, peut vous marquer jusqu’à la fin de votre vie.
La lettre de Conrad – Fred Uhlman
Comment se sent-on en découvrant que la personne qu’on a détestée, va finir sa vie en héros ?
Cette lecture est la suite du roman de Fred Uhlman : L’ami retrouvé. Il y raconte comment les deux jeunes hommes se retrouvent quelques années plus tard… Est-ce qu’ils vont se pardonner ? Comment va finir leur amitié ?
J’ai aimé un peu plus cette œuvre. Les personnages sont bien décrits, l’histoire intéressante mais ce n’est pas une lecture qui m’aura marquée. Des œuvres classiques sont citées très fréquemment, ce qui m’a un peu perdue dans la lecture. Et le roman ne fait presque que retracer les souvenirs des jeunes garçons. Cependant, les réflexions qu’il pose sont très intéressantes : Peut-on vraiment détester quelqu’un qu’on a aimé ? Comment aurions-nous pu réagir si on vivait à cette époque ?
Pour ceux qui sont à la recherche d’une lecture qui fasse réfléchir, qui peut vous émouvoir et qui se lit assez rapidement.
À présent – Brigitte Giraud
Comment continuer sa vie quotidienne, lorsqu’on perd un être cher ?
J’ai bien aimé ce livre qui traite un sujet pas évident : la mort d’un être aimé. Il pose la question des jours d’après, la colère, le déni, la tristesse, l’incompréhension mais aussi les évènements : l’annonce de la mort, l’annoncer à son fils, la préparation de l’enterrement, l’enterrement en lui-même…
J’ai trouvé l’histoire bouleversante, autobiographique en plus. J’aurais bien aimé avoir la fin de l’histoire, comment l’autrice a pu retrouver la joie de vivre. En faisant des recherches sur son histoire, j’ai découvert qu’elle a écrit un autre roman : Vivre vite en 2022 qui raconte l’histoire familiale avant le drame. Il fera partie de mes prochaines lectures, sans aucun doute.
Ce livre fait écho à l’œuvre d’Anna Gavalda, Ensemble, c’est tout (2004). Surmonte-t-on mieux les choses lorsqu’on est bien entouré ?
Pour ceux qui ont envie de se plonger dans une histoire à la fois bouleversante et humaine et qui nous rappelle que la vie est unique, qu’il faut vivre chaque instant comme s’il était le dernier.
Mon fils perdu – Aïcha El-Wafi
Comment peut-on continuer à aimer son enfant, même lorsqu’il a commis l’impensable ?
Cette lecture m’a perturbée car elle fait écho à l’histoire du 11 septembre 2001. L’autrice nous raconte comment elle a réagi suite à l’arrestation de son fils, Zacarias Moussaoui, qui était soupçonné d’avoir participé aux attentats.
Tout d’abord, j’ai été sceptique, je ne savais pas à quoi m’attendre : est-ce qu’elle va défendre son fils, est-ce qu’elle va lui donner des circonstances atténuantes…? Mais rien de tout cela, elle raconte simplement l’histoire d’une mère de famille qui a cherché toute sa vie à être libre avec ses enfants. Mais dont l’un des fils a été perdu dans l’atrocité du monde. Elle ne l’excuse pas, elle ne lui trouve aucune circonstance ; elle cherche à comprendre l’incompréhensible. C’est un roman terrible à lire, l’autrice nous raconte son passé de femme au Maroc : son mariage forcé, la violence sur elle et les enfants, la mort de deux de ses enfants jusqu’au fameux jour où elle apprend l’arrestation de son fils aux États-Unis.
C’est un livre très difficile à lire, mais qui en vaut la peine pour mieux comprendre comment un être humain peut commettre l’impensable. Ce livre vous marquera sans doute à jamais.
Fackham fall – Jim O’Hanlon
Peut-on renoncer à une promesse pour vivre le réel amour ?
Cette comédie m’a fait passer un bon moment. Elle raconte comment Rose, une aristocrate, tombe amoureuse d’un pauvre orphelin, Eric. Elle est dans l’obligation de se marier avec Archibald, son cousin.
De nombreux moments sont drôles, c’est en réalité une parodie de séries telles que Downton Abbey. Les acteurs sont excellents dans leur rôle et quel plaisir de revoir Tom Felton (Drago Malefoy dans Harry Potter) dans un tout autre style ! Au milieu du film, il y a une enquête, menée par un policier complètement hilarant.
J’ai adoré la scène de la rencontre entre Rose et Eric, qui est à la fois tellement romantique et drôle.
Si vous voulez passer un bon moment devant une parodie, qui vous fera rire, qui contient des scènes romantiques, d’autres surprenantes ainsi qu’une enquête, ce film peut vous plaire.
La Baule-les-Pins – Diane Kurys
Un dernier été en famille, est-ce qu’on le reconnaît vraiment comme dernier ?
Cette œuvre a été mon coup de cœur du mois de juin. Une véritable pépite cinématographique. Je l’avais mise dans ma liste de films à voir à la mort de l’actrice Nathalie Baye.
1958, deux sœurs partent en vacances avec leur baby-sitter, voir leur tante et leur oncle. La maman les rejoindra plus tard et le père doit travailler. Ils vont passer un chouette été, sans se rendre compte qu’un drame est en train de se jouer et qui va les bouleverser à jamais…
J’ai découvert des acteurs les uns plus formidables que les autres : Nathalie Baye, Richard Berry, Jean-Pierre Bacri et pleins d’autres. Le film est raconté d’une manière que j’ai trouvée géniale : c’est la plus grande des filles qui écrit dans son journal intime. Toutes les petites filles ont eu un journal intime donc c’est parlant pour beaucoup de monde. J’ai découvert une merveilleuse et émouvante chanson.
Ma scène préférée est celle où la grande sœur et l’oncle se retrouvent, à la plage pour discuter ensemble des joies et des peines de la vie… Ce film est directement inspiré de la vie des parents de la réalisatrice, comme plusieurs de ses films d’ailleurs (Coup de foudre en 1983 et Diabolo menthe en 1977 par exemple). Mais les acteurs changent dans chacun des films.
L’idée de la fin de l’innocence me fait penser au merveilleux film sur la Seconde Guerre mondiale : La vie est belle (1997).
Un film émouvant, qui vous transporte rapidement lors de l’été 1958, dans la vie d’une adolescente qui va vivre l’un des premiers drames de sa vie.
Potiche – François Ozon
Comment a évolué le rôle de la femme au cours de l’Histoire ?
Ce film m’a permis de passer un bon moment. L’histoire nous plonge en 1977, dans le quotidien de Robert, un chef d’entreprise qui refuse de donner des avantages à ses ouvriers. Mais à cause d’un problème de santé, il va devoir donner sa place à sa femme Suzanne, qui n’a pas exactement les mêmes idées que lui…
Fabrice Luchini (Robert) nous offre un rôle complètement différent de ce qu’on a l’habitude, Catherine Deneuve joue très bien et j’ai pu redécouvrir le talent de Jérémie Renier (Cloclo en 2012). C’est une comédie mais qui nous laisse un message très important : les codes sociaux ne sont pas les mêmes selon l’époque. C’est important de savoir évoluer, se remettre en question. La musique de fin est magnifique et nous transmet une certaine émotion.
Le sens du travail se retrouve également dans le film de Charlie Chaplin, Les temps modernes (1936)
Pour ceux qui veulent rire, découvrir ou revoir des acteurs formidables avec un film qui ne nous laisse pas de marbre.
Le tableau volé – Pascal Bonitzer
Rien à voir avec le film en lui-même, mais un film peut-il nous plaire grâce aux jeux des acteurs ?
Cette œuvre ne m’a pas marquée du tout… L’histoire est pourtant intéressante : André est commissaire-priseur. Un jour, il se retrouve devant un tableau d’un peintre très célèbre, mais dont le tableau n’a pas été revu depuis 1939. Il va devoir le vendre, avec l’aide de son ex-femme et d’une stagiaire.
Alex Lutz est un très bon acteur, j’ai pu découvrir le talent de Léa Drucker ainsi que celui de Louise Chevillotte (la stagiaire). J’ai adoré la relation entre André et Aurore (la stagiaire), presque une relation de père et fille, ou en tout cas d’amitié et de respect l’un pour l’autre. Le personnage d’Aurore m’a rappelé celui de Charlotte Lepic dans la série Fais pas ci, fais pas ça mais je ne saurais expliquer pourquoi. Le rythme du film est très lent jusqu’au milieu du film où l’histoire prend une tournure inattendue et m’a permis de me plonger intégralement dedans. Ce que je retiens de ce film, c’est uniquement le jeu des acteurs, que je trouve tous formidables.
Pour ceux qui sont à la recherche d’un film pour passer un bon moment, sans prise de tête.
Le train – Pierre Granier-Deferre
La question que ce film m’a posé ressemble un peu à celle du film précédent : doit-on aimer un film uniquement à cause de l’Histoire qu’il raconte ?
Je l’ai trouvé très ennuyant, je n’ai pas du tout réussi à entrer dans l’histoire.
1940, Julien et Anna se rencontrent dans un train qui les éloigne des Allemands. Ils vont vivre l’un à côté de l’autre, durant plusieurs jours.
Les personnages sont plutôt bons, le jeu d’acteurs également avec les incroyables Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant mais le rythme est extrêmement lent : tout le film ou presque se passe dans le train, porte fermée donc en pleine nuit… La musique est agréable. La fin m’a complètement perdue… Je n’aime pas particulièrement quand je dois deviner la fin. La question, posée plus haut, m’est venue car j’aime bien les films ou les séries qui retracent la Seconde Guerre mondiale mais ce film ne m’a pas vraiment plu…
Si vous aimez Romy Schneider, c’est un film qui peut vous faire passer un bon moment mais sans vous marquer durablement.
Deviens génial – Léo Grandperret
Est-ce que c’est facile de se montrer tel qu’on est, sans avoir peur de ne pas être aimé ?
Quelle est la trace qu’on veut transmettre dans ce monde ?
Ce film est actuellement au cinéma. Mathias est professeur à l’Éducation nationale. Pour se rapprocher de sa fille, il demande une mutation en tant que professeur d’allemand et va se retrouver au cœur d’un voyage scolaire en Allemagne.
Le film est hilarant, émouvant, il pose des questions sur la manière dont on veut être perçu par le monde et comment les autres nous voient. Le titre du film est très bien choisi ainsi que la bande originale : deviens génial. Je ne peux vous dire qu’une seule chose : vous allez rire, vous allez avoir peur mais vous allez ressentir des émotions ! J’ai pu découvrir l’immense acteur et humoriste, Manu Payet (plusieurs films se sont rajoutés dans ma liste) et redécouvrir l’actrice Marie-Julie Baup (que j’avais découverte dans le téléfilm Hé monsieur, avec Jean-Marie Bigard, en 2006).
Si vous souhaitez rire, avoir un frisson de peur, ressentir du bonheur, ce film peut vous marquer.
Et vous, vous avez eu des coups de cœur en juin ?
Quelle est l’œuvre qui vous paraît la plus intéressante ?
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